3 février 1992 mort de Jean Feugereux

3 février 1992 mort de Jean Feugereux

Jean Feugereux avait fêté ses 68 ans à peine plus de 4 mois plus tôt quand il est mort d’un cancer dans une clinique de Chartres.

68 ans, c’est trop jeune pour mourir mais c’est encore plus vrai pour un artiste dont la reconnaissance de son oeuvre est presque toujours longue à venir.

Il venait de recevoir le prix du conseil général d’Eure-et-Loir. Il était président de l’Adagp, les droits des artistes. Il était membre d’honneur de la Maison des Artistes… Il commençait à être sollicité de tous côtés par des organisateurs pour être membre d’honneur de leur salon. Ses peintures et ses aquarelles avaient atteint des sommets en salles des ventes.

Avec la série des Ciels, il avait réglé les problèmes qu’il s’était toujours posé avec la couleur en peinture. Il était libre.

Libre de développer une peinture aux couleurs vives et variées où le sujet devenait plus que jamais un prétexte, une incitation à peindre.

Il partait après une vie riche, menée avec une énergie et une volonté de tous les instants.

Il n’aura pas vu les effets terribles sur le long terme de la grave « crise du Golfe » dont nous ressentons encore les effets dans le monde de l’art, d’autant que d’autres crises sont venues la renforcer. Il n’aura pas vu non plus la transformation radicale de la société par la mondialisation. En à peine plus de 20 ans que de changements, de transformation, d’évolution, en particulier dans la sphère artistique. Il restera comme un des derniers témoins authentiques de la campagne française (Beauce et Bretagne). Un des derniers aussi à maîtriser les techniques de la peinture à l’huile.

Il n’aura pas non plus subi la « décrépitude » de l’âge, lui qui était si attentif à rester jeune, dans son esprit et dans son corps.

Aujourd’hui, je pense à lui comme tous les jours et je le remercie de m’avoir laissé tant et tant de travail pour faire connaître l’homme et l’artiste.

Aujourd’hui, comme tous les jours, je l’associe dans mes pensées à son épouse – à ma mère – Marcelle.

 

Illustration : Jean Feugereux, Nid, huile sur toile, 1991. Anecdote : un jour que Marcelle lui demandait, avec un peu plus d’insistance que de coutume, s’il souffrait beaucoup, il lui dit de regarder ce Nid qu’il venait de descendre de l’atelier : une couronne d’épines !

 

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