Editeurs, éditeur

Quand on pense éditeur, chacun imagine trop souvent  que celui-ci ne fait que choisir dans les manuscrits de romans qui lui sont envoyés. Or la littérature, même si elle est la première catégorie, ne représente qu’un quart du chiffre d’affaires total de l’édition. Et dans la littérature près d’un tiers est constitué par la littérature sentimentale et le roman policier, qui certes recèlent quelques pépites mais est généralement appelé du terme peu glorieux de « romans de gare ».

Dans ce dernier cas, les livres sont écrits le plus souvent à la demande des éditeurs et sous leur contrôle. C’est aussi le cas pour le deuxième poste de l’édition, les « beaux livres », le troisième, l’édition scolaire… Au total, c’est probablement plus de 80 % du chiffre d’affaires de l’édition qui est réalisé à l’initiative des maisons d’édition.

Un éditeur littéraire n’aura pas le même profil et tout à fait le même métier que l’éditeur scientifique ou scolaire.

Jusqu’il y a une vingtaine d’années, les éditeurs n’avaient pas de formations universitaires spécifiques et leurs parcours étaient des plus variés. L’éditeur que je suis fut d’abord (très peu longtemps) ethnologue avant de se consacrer à l’édition de livres illustrés, sur l’art et écrits par les artistes.

Même s’ils ont tous le souci d’équilibrer leurs comptes, les éditeurs n’ont pas tous le même objectif primordial : certains chercherons à flatter le lecteur pour s’enrichir alors que d’autres soutiendront des écrivains inconnus à la destinée incertaine.

Dans les grandes maisons d’édition, le patron n’est pas toujours un éditeur (ce peut être un financier ou un gestionnaire) alors qu’il est ainsi nommé. La langue anglaise accorde deux mots différents, là où nous n’en avons qu’un seul : « publisher » correspond au patron et « editor » à celui qui travaille vraiment sur le livre. Ce n’est la même personne que dans les petites maisons d’édition.

On peut aussi s’intéresser à l’évolution historique du métier d’éditeur pour essayer de mieux cerner un profil dont les contours sont décidément bien flous.

 

illustration : Edouard Manet (1832-1883), Portrait de Zola, détail, 1868, Musée du Louvre, Paris

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