Kandinsky

Les collections du Centre Pompidou sont riches d’œuvres du grand maître de l’art moderne Vassily Kandinsky (1866-1944) et les musées étrangers rivalisent pour les présenter : actuellement au Palazzo Reale à Milan (depuis le 27 décembre 2013 jusqu’au 27 avril 2014) puis au Milwaukee Museum of Art (6 juin – 1er septembre 2014) et enfin au Frist Center for the Visual Arts de Nashville (26 septembre 2015 – 4 janvier 2015).

C’est une exposition qui retrace l’ensemble de la carrière de l’artiste. Nous reviendrons, bien sûr, sur l’oeuvre de cet artiste « incontournable » mais c’est surtout ici l’occasion d’attirer l’attention sur la richesse de ses écrits, dont plusieurs sont disponibles dans des collections de poche. Des écrits sérieux, voire austères, mais d’une grande profondeur d’analyse.

Voici le dernier paragraphe de Du spirituel dans l’art (première édition 1910) :

« Observons pour terminer que nous nous rapprochons chaque jour de l’époque où la conscience, l’intelligence auront de plus en plus de part aux compositions picturales, où le peintre sera fier d’expliquer ses œuvres en analysant leur construction (attitude inverse de celle des Impressionnistes, qui se vantaient de ne rien pouvoir expliquer), où créer deviendra une opération consciente ; disons enfin, que, déjà, cet esprit nouveau de la peinture est organiquement et directement associé à l’avènement du nouveau Règne de l’Esprit qui se prépare sous nos yeux, car cet Esprit sera l’âme de l’époque de la Grande Spiritualité. » (Editions de Beaune, 1954, traduction de M. et Mme de Man)

Les éditions plus récentes sont sans doute plus fidèles mais ont une rigueur toute germanique.

Kandinsky sait être aussi poète dans ce texte titré « Printemps »

« Tais-toi, homme de toutes les couleurs !

Lentement la vieille maison glisse sur la colline. le vieux ciel bleu se tient sans espoir entre branches et feuilles. Ne m’y appelle pas !

Sans espoir la sonnerie reste en suspens dans l’air, comme la cuiller dans la bouillie épaisse. Les pieds collent à l’herbe. Et l’herbe veut traverser l’invisible avec ses pointes. Lève haut la hache, au-dessus de la tête, et frappe ! Frappe donc ! »… (Klänge, poèmes traduits de l’allemand par Inge Hanneforth et Jean Christophe Bailly, Christian Bourgois éditeur)

Klänge a été publié pour la première fois en 1912.

 

Illustration (qui ne vient pas du centre Pompidou) : Inner Simmering, 1925, aquarelle

kandinsky-inner-simmering

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