Odilon Redon

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(Bordeaux, 33 France, 20 ou 22 avril 1840 – Paris, 75 France, 6 juillet 1916)

peintre lithographe

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Un esprit sain mais qui ne se donne pas de limites, une observation scrupuleuse de la Nature jusqu’en ses moindres détails (brin d’herbe…) avec le regard d’un scientifique et l’imagination d’un poète, des techniques variées mais parfaitement maîtrisées et adaptées à son art, sont quelques-unes des qualités qui ont fait que Redon fut en avance d’une ou deux générations.

Contemporain exact des Impressionnistes, il les trouvait un peu « bas de plafond », lui qui complétait leur observation de la Nature du recours constant à l’imagination qu’elle suscitait en lui, il fut reconnu et apprécié d’Emile Bernard et des Nabis, Bonnard, Vuillard, Maurice Denis.

Jeune, il fut un admirateur de l’art de Delacroix, ce qui n’était pas rare à l’époque, mais aussi de celui de Pissarro ce qui était moins courant d’autant que celui-ci n’avait que 10 ans de plus que lui. La rencontre d’un botaniste, Armand Clavaud, lui donna le goût des fleurs – et quelles fleurs quand on pense à ses merveilleux bouquets au pastel ! – et celle, en 1863, du grand graveur Bresdin un intérêt qui ne se démentit pas pour la gravure au sens large, même s’il privilégia surtout la lithographie dans des suites, devenues rares dans leur intégrité.

Mais la description de l’environnement de l’artiste naissant ne serait pas complète sans la mention de la propriété de la famille, Peyrelebade dans le Médoc (près de Bordeaux) qu’il vendra dans les années 90, confronté qu’il était à de gros problèmes d’argent. Curieusement d’ailleurs, il abandonnera alors son obsession du noir pour faire rentrer la couleur dans son œuvre : une coupure avec une jeunesse et une adolescence – prolongée – trop rêveuse et entretenue par le charme un peu fantasmagorique, pour qui voulait le voir, des grands arbres et de la lande côtière.

Sa « conception » américaine, en Louisiane, ajoutée à son talent, lui apportera au début du XXe siècle la consécration des amateurs des Etats-Unis. En effet son père qui travaillait là-bas décida de rentrer en France quand sa femme fut enceinte de Bertrand-Jean qui devint Odilon, en hommage à sa mère, Marie-Odile.

A 40 ans, il épouse une jeune Créole (Madagascar) qui l’aidera beaucoup dans l’organisation de sa vie matérielle. Parallèlement il commence à être reconnu car son art trouve un écho d’abord chez Mallarmé qui devint son ami, puis chez les poètes symbolistes, les Parnassiens, un peu trop intellectuels à son goût.

L’écriture ne lui était pas étrangère, il avait publié très jeune des articles dans la presse et avait noté régulièrement des réflexions qui furent réunies en 1922 dans un volume plein de charme : A soi-même. La fréquentation d’amis poètes ou écrivains comme, en plus de Mallarmé, Joris-Karl Huysmans, Paul Verhaeren ou André Gide, lui était naturelle mais son « monde » n’était pas littéraire, il était peintre avant tout.

Le fantastique – il fut reconnu comme un précurseur par les Surréalistes – qui apparaît franchement dans certaines de ses œuvres n’est que le croisement entre une observation poussée à l’extrême, une imagination fertile et une technique totalement disponible. Et quand il semble absent, comme dans ses bouquets de fleurs qui paraissent si réalistes, on se retrouve face au même mystère, juste de l’autre côté d’une frontière que l’artiste nous aide à effacer.

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ses écrits

 

Rodolphe Bresdin, catalogue du Salon d’Automne, 1908

 

A soi-même, journal – notes sur la vie, l’art et les artistes, Floury, Paris, 1922

 

Lettres d’Odilon Redon, Van Oest, Bruxelles, 1923

 

Un article, compte-rendu du Salon, dans La Gironde en 1868 sur les débuts de l’impressionnisme (école des Batignolles)

 

Confidences d’artiste, in La Vie, 1912 (30 novembre, pages 134-136 – 7 décembre, pages 173-175 – 14 décembre, pages 204-206)

 

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